56 en a représenté les qualités variées et, à plusieurs égards, contraires, comme il en a possédé les divers et vastes Etats. L'esprit toujours politique et souvent astucieux de son grand-père Ferdinand le Catholique ; la noble élévation de son aïeule Isabelle de Castille, à laquelle s’était mêlée la mélancolique tristesse de Jeanne la Folle sa mère ; la valeur chevaleresque et entreprenante de son bisaïeul Charles le Téméraire, auquel il ressemblait de visage; l'ambition industrieuse, le goût des beaux-arts, le talent pour les sciences mécaniques de son aïeul l'empereur Maximilien, lui avaient été transmis avec l’héritage de leur domination et de leurs desseins. L'homme n’avait pas fléchi sous la charge du souverain. Les grandeurs et les félicités que le hasard de nombreuses successions et la prévoyance de plusieurs princes avaient accumulées sur lui, il les porta à leur comble. Pendant longtemps ses qualités si différentes et si fortes lui permirent de suffire non sans succès à la diversité de ses rôles et à la multiplicité de ses entreprises. Toutefois la tâche était trop immense pour un seul homme. Roi d'Aragon, il lui fallait maintenir en Italie l’œuvre de ces prédécesseurs qui lui avaient laissé la Sardaigne, la Sicile, le royaume de Naples, et y accomplir la sienne en se rendant maître du duché de Milan, afin d’enlever le haut de cette péninsule au rival puissant qui aurait pu le déposséder du bas. Roi de Castille, il avait à poursuivre la conquête et à opérer la colonisation de l’Amérique. Souverain des Pays-Bas, il devait préserver les possessions de la maison de Bourgogne des atteintes de la maison de France. Empereur d'Allemagne, il avait, comme chef politique, à la protéger contre les invasions des Turcs, parvenus alors au plus haut degré de leur force et de leur ambition; comme chef catholique, à y empêcher les progrès et le triomphe des doctrines protestantes. Il l’entreprit successivement. Aidé de grands capitaines et d'hommes d'Etat habiles, qu’il sut choisir avec art, employer avec discernement, il dirigea d’une manière supérieure et persévérante une politique toujours compliquée, des guerres sans cesse renaissantes. On le vit à plusieurs reprises se transporter dans tous les pays, faire face à tous ses adversaires, conclure lui-même toutes ses affaires, conduire en personne la plupart de ses expéditions. Il n’évita aucune des obligations que lui imposaient sa grandeur et sa croyance. Mais, sans cesse détourné de la poursuite d’un dessein par la nécessité d'en reprendre un autre il ne put pas toujours commencer assez vite pour réussir ni persister assez longtemps pour achever. (Mignet, Charles-Quint. La France Littéraire par Herrig et Burguy, S. 582, 583.) 3. Übersetzung aus der deutschen Sprache in die französische. Alfred der Große. Ich weiß nicht, ob es jemals auf der Erde einen Mann gegeben hat, der würdiger der Achtung der Nachwelt wäre, als Alfred der Große, der sein Vaterland aus der Knechtschaft zog und es als guter König regierte. Er folgte seinem Bruder Ethered I., der ihm nur ein zweifelhaftes Recht auf England hinterließ, das mehr als jemals in Herrschaften getheilt war, von denen mehrere von den Dänen besetzt waren. Alfred, der für sich nur eine kleine Provinz des Westens besaß, wurde zuerst in einer Schlacht von diesen Barbaren besiegt und von jeder¬ mann verlassen. Er zog sich nicht wie sein Onkel Butred, der König einer kleinen Provinz geworden und von den Dänen verjagt worden war, nach Rom zurück, sondern allein und ohne Hilfe wollte er untergehen oder sein Vaterland rächen. Er verbarg sich sieben Monate bei einem Hirten in einer von Sümpfen umgebenen Hütte. Der Graf von Devon allein, der noch ein schwaches Schloss vertheidigte, kannte sein Versteck. Nachdem endlich dieser Graf Truppen gesammelt und einigen Vortheil erlangt hatte, wagte Alfred, in Lumpen gehüllt, sich in das Lager der Dänen zu begeben, indem er Harfe spielte. Als er so mit seinen Augen die Lage des Lagers
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